Recommandations

Il est de la responsabilité de tout pratiquant d’estimer lui-même par tous les moyens possibles les risques qu’il prend en s’engageant dans un itinéraire.
Une formation préalable à l’utilisation du matériel d’escalade et aux techniques de sécurité est indispensable.
Le port du casque de protection est recommandé.

Respectez les aires de stationnement, les propriétés privées et la réglementation.

Utilisez impérativement les itinéraires d'accès et de sortie balisés.

Soyez discrets, aux abords des sites des personnes vivent et travaillent au quotidien, pensez à respecter leur environnement.

Remportez vos déchets.

 

Des rapaces fréquentent aussi la falaise : merci de respecter les recommandations au pied des voies concernées. Consultez le guide des espèces en falaises : ici

 

Tableau d'analyse des périodes de sensibilités

(en rouge périodes sensibles)

 

Bouquetins Chamois Rapaces*
Janvier rut    
Février hivernage hivernage parade
Mars hivernage hivernage accouplement
Avril hivernage hivernage couvaison
Mai   mises bas élevage
Juin mises bas   élevage
Juillet     envol
Août      
Septembre      
Octobre      
Novembre   rut  
Décembre rut    

* pour les Vautours Fauves, la période de sensibilté est plus longue (Décembre à septembre).

 

Les microclimats

La topographie vigoureuse engendrée par la présence des falaises, entraîne un cloisonnement du climat local, en une mosaïque de microclimats correspondant à la diversité des expositions et des altitudes.

Tout bon grimpeur sait que par une chaude après-midi d'été il faut choisir un site exposé à l'Est, plus frais car à l'ombre.

En hiver, les faces Sud sont les plus accueillantes. Les falaises d'adret du Vercors renferment d'ailleurs des plantes méditerranéennes, à la limite Nord de leur aire de répartition. Il y a deux raisons à cela : le réchauffement est élevé et le refroidissement est limité, car les effets de la bise sont atténués.

En été, les conditions sont rapidement celles d'un four solaire naturel. Abrités du vent et plus bas, les terrains marneux se réchauffent également facilement. Cela entraîne la formation d'ascendances thermiques dont les oiseaux sont friands.

A l'inverse, les falaises orientées au Nord sont inhospitalières : pas de soleil, vents froids...

Chaude ou froide, l'ambiance désertique de la falaise est son caractère climatique dominant. Le dessèchement est rapide après la pluie et l'escalade redevient vite possible.

 

 

Les étages de la végétation

En montagne, la température moyenne au cours de l'année diminue quand l'altitude augmente. La baisse est de ½ degré pour 100 m d'élévation. La répartition des plantes suit cette variation du climat : en bas les végétaux qui aiment la chaleur, en haut ceux qui préfèrent le froid. Cela entraîne une organisation en étages de végétation dans lesquels on rencontre des espèces caractéristiques :

§ étage alpin : pelouses (les arbres ne peuvent plus pousser) au-dessus de 1900 m ;

§ étage subalpin : forêts de conifères (pin à crochets) de 1300 à 1900 m ;

§ étage montagnard : forêts mixtes de feuillus et de résineux (hêtre, érable, sapin) de 700 à 1300 m ;

§ étage collinéen : forêts de feuillus (chêne, charme, châtaignier) au-dessous de 700 m.

Les limites entre les étages sont variables notamment en fonction de l'exposition. C'est le type de végétation qui indique l'étage dans lequel on se trouve. Les microclimats créés par les falaises en exposition sud permettent à des plantes d'atteindre des altitudes plus élevées que celles de leur domaine normal de répartition.

 

Des végétaux trapus à grands pieds

La vie végétale dans la falaise affronte de nombreuses difficultés : amplitudes thermiques fortes, absence de sol, vents, sécheresse...

Les plantes répondent à ces contraintes en s'arrimant solidement et en réduisant leur surface d'échange avec l'air pour éviter de trop transpirer et de se dessécher. Les espèces présentent alors des racines longues et des formes en coussinet. Etant donné la sécheresse du milieu, les arbres morts ne pourrissent pas. Il en existe de très beaux spécimens qui ont atteint un âge respectable dans des conditions de vie difficile. Verts ou secs, évitez d'utiliser les arbres et arbustes pour vos relais. Plantez plutôt des spits, l'escalade écologique n'est pas forcément celle qu'on croit.

 

Vivre de l'air du temps

C'est peut-être à cela que vous rêvez aux relais, mais c'est surtout la prouesse que réussissent les lichens dont il existe une grande palette d'espèces coloriant nos falaises. Leur longévité est très grande (plusieurs siècles) car ils ont réussi à s'adapter à des conditions de vie extrêmes. Par grands froids, ils s'arrêtent tout simplement de fonctionner. Quand la température le permet, ils se remettent en marche, se nourrissent de l'eau de pluie ou simplement de l'humidité de l'air.

 

La faune des falaises

Les grimpeurs poilus en sabots

Les mammifères terrestres sont peu représentés dans le milieu vertical. Bien sûr, il y a les fluos, mais aussi les poilus en sabots.

Le chamois est le plus courant mais ce n'est pas spécialement un rochassier. A l'aise en forêt, pourchassé par l'homme, il a trouvé refuge en montagne et se promène sur les vires. Pour notre plus grand bonheur, les chamois créent et entretiennent des sentiers au pied des falaises.

Le bouquetin est meilleur grimpeur, son sabot rigide lui permet de grattonner sur les dalles. Vertige ne fait pas partie de son vocabulaire.

En outre, les vires suffisamment spacieuses et végétalisées abritent des petits rongeurs.

 

Attention, toutes ces aimables bêtes sont régulièrement à l'origine de chutes de pierres.

 

Accès ailé aisé

La manière la plus simple d'accéder à une falaise est encore la voie des airs. Même certains mammifères l'ont compris, les murins et autres molosses ne sont pas des chiens mais des chauves-souris qui affectionnent les cavités rocheuses pour passer la journée.

 

 

A part ces exceptions, les maîtres de l'espace aérien sont bien entendu les oiseaux. Il existe des espèces qui vivent uniquement dans le milieu rocheux vertical, quelle qu'en soit l'altitude, comme le martinet à ventre blanc ou martinet alpin qui vit aussi sur les rivages de la Méditerranée. Il existe d'autres espèces qui peuvent vivre ailleurs comme le faucon crécerelle, nichant dans les arbres en plaine.

Il est difficile de parler brièvement de toutes les espèces d'oiseaux que vous pouvez rencontrer en grimpant.

Alors, nous nous concentrerons sur une espèce exclusivement rochassière : le tichodrome échelette et sur les rapaces vis à vis desquels nous devons être très vigilants étant donné leur rareté (faucon pèlerin, aigle royal, grand duc). Quelques recommandations sont données dans la conclusion du chapitre.

Le tichodrome échelette est le papillon à plumes des falaises. Son nom est barbare mais son allure est caractéristique : posé, il est gris comme le rocher qu'il égaye d'un éclair rouge en s'envolant. Couramment observé sur les églises de nos villages en hiver, on le rencontre en été à plus de 3000 m, toujours agrippé à la paroi. Son aptitude au 12b+ est remarquable ! Son bec long, fin et courbe lui permet d'attraper les insectes dans les anfractuosités du rocher.

Gris anthracite dessus, gris clair dessous, le faucon pèlerin est l'oiseau aux favoris noirs sur joues blanches. Ses ailes sont pointues, il utilise volontiers les ascendances et pique à grande vitesse sur ses proies (des oiseaux) qui meurent sous le choc. Il est l'un des animaux les plus rapides du monde, ce qui ne l'a pas empêché d'être à la limite de l'extinction en France, il y a quelques années. Pesticides, chasse, lignes à haute tension, les menaces sont nombreuses. Des trafiquants continuent à dénicher des oeufs ou des jeunes qu'ils livrent aux fauconniers.

Avec sa taille, vous ne pouvez pas vous tromper, en attendant les vautours du Vercors... l'aigle royal est un immense oiseau brun qui niche en falaise mais n'y passe pas sa vie. Ses terrains de chasse sont les espaces découverts plutôt en altitude.

C'est un super prédateur qui règne au sommet de la pyramide alimentaire, il a donc besoin d'un vaste territoire et il est de ce fait assez rare. Il ne peut se reproduire qu'à partir de l'âge de 3 à 5 ans et un couple élève en moyenne un jeune tous les deux ans. Sa capacité de reproduction est donc limitée et sa population reste fragile.

 

Le deuxième noble de la falaise est aussi un super prédateur, mais le grand duc règne la nuit. C'est un oiseau imposant, méconnu, au chant pathétique. Il est susceptible de se rapprocher très près de l'homme quand celui-ci l'ignore. Il niche dans les carrières, dans des friches industrielles à la lisière de la ville. Un matin, un individu un peu « paumé » a été ramassé sur le trottoir du cours Berriat à Grenoble !

 

Et le grimpeur dans tout cela ?

 

Paradoxe ! Alors que les écosystèmes ont tendance à s'appauvrir en espèces vivantes, en voici un, l'écosystème rupestre, de plus en plus colonisé par une espèce nouvelle : le grimpeur fluo. Mais son arrivée peut-elle justifier le départ de ceux qui vivaient là depuis des générations ?

Le milieu d'évolution du grimpeur est un système organisé dans lequel ses incursions sont sources de dérangements. Il faut le savoir, sans culpabilisation excessive, mais conscient du nécessaire respect de la vie naturelle comme de notre propre vie. Faire une voie dans laquelle on a été averti qu'on dérangerait une couvée de faucon pèlerin, c'est comme assurer son coéquipier avec une corde élimée : ça manque d'harmonie.

Les rapaces sont les plus menacés par l'escalade. Diurnes et nocturnes, ils sont tous protégés par la loi. La destruction, le dénichage, le commerce de ces animaux sont interdits. Leurs parades nuptiales ont lieu en hiver et au printemps, l'élevage des jeunes se termine au début de l'été : il faut être attentif au dérangement pendant les six premiers mois de l'année. Suivez les indications qui peuvent être données sur les sites ou dans les topos. Ne vous attardez pas si vous découvrez une aire

 

occupée. Faites demi-tour si des rapaces semblent s'en prendre à vous, car cela signifie que vous approchez d'une aire.

 

 

Grimper est aussi notre passion, soyons responsables de notre plaisir, entendons-nous entre nous et avec les naturalistes pour respecter notre environnement. N'attendons pas d'avoir trop dégradé et de devoir subir des règlements très stricts.