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Histoire AST au Parc du Vercors

Dans le Parc naturel régional du Vercors, on n'a pas attendu les recommandations du Grenelle de l'environnement pour faire entrer le bio et le local dans la restauration collective. Depuis 2005, le programme Alimentation Santé Territoire accompagne centres de vacances, collectivités, agriculteurs et artisans dans la mise en place d'une restauration collective de qualité aux couleurs du Vercors.

Manger local, pour les cantines et les centres de vacances du territoire, c'est une prise de conscience de longue date. En 2000, les structures sont déjà nombreuses à solliciter directement les producteurs et à introduire certains de leurs produits dans leurs menus. Un picodon par-ci, un petit Léoncel par-là... Si les initiatives foisonnent, peu se coordonnent. C'est pourquoi, en 2005, le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement Vercors(CPIE), l'APAP, le Parc et l'Association pour la promotion des centres de vacances pour enfants en Vercors (ACEV, soit 66 établissements sur le territoire) décident de lancer un programme de formation sur l'alimentation et la santé pour mettre tout le monde à niveau et mettre en place une approche coordonnée.

 

L'alimentation et la santé au cœur du projet

 

Après plusieurs années d'exercice, de nombreuses sessions de formation (formation des cuisiniers et des gestionnaires des centres de vacances), et l'arrivée de nouvelles structures dans le dispositif,  la nécessité de créer un programme cohérent à l'échelle du territoire émerge. Et c'est ainsi qu'en 2008, naît le programme Alimentation santé et territoire. En quoi consiste-t-il ? A sa création, personne n'en sait trop rien. Pour le définir, le Parc demande au bureau d'études Agrosynergie (cabinet de conseil pour la filière agricole, viticole et agro-alimentaire) de dresser un état de l'offre et la demande sur 4 secteurs du Parc. Verdict : s'il existe bien un marché pour les producteurs et une vraie volonté de leur part d'aller dans cette dynamique des circuits courts, le secteur  souffre d'un manque de structuration et de coordination. D'un côté, les centres de vacances veulent des produits locaux de qualité, de l'autre des producteurs sont prêts à en fournir. Entre les deux... c'est un peu confus.

Pour apporter des réponses au diagnostic d'Agrosynergie, un  comité de pilotage se met en place. Il rassemble autour de la table 4 vice-présidents du Parc, des représentants de la région Rhône-Alpes, des conseils généraux de la Drôme et de l'Isère, l'Education nationale et l'Université de Saint-Etienne. Pour tous, il apparaît nécessaire de rédiger un programme pluri-annuel d'accompagnement et d'affecter un poste du Parc à mi-temps pour le conduire (en relation avec le chargé de mission agriculture). Le programme Alimentation santé et territoire 2e période voit donc le jour. Les actions envisagées et mises en place sont nombreuses. Un centre de ressources et d'outils pédagogiques sur le sujet est créé. Les communes, les crèches, les citoyens le fréquentent et découvrent les initiatives du Vercors autour de la problématique d'approvisionnement en circuits courts, de l'alimentation bio et locale. Parallèlement, des séjours alimentation sont organisés dans certains centres de vacances : visites d'exploitation, dégustations... les enfants goûtent au territoire. Enfin, les actions de formation se poursuivent et une campagne de communication (plaquette et logo du programme) est lancée.

Dans le même temps, au cours des régulières réunions du comité de pilotage, il est aussi rapidement question de créer une plateforme d'approvisionnement. Les autres territoires l'ont fait, pourquoi pas le Parc du Vercors ? Avant de se lancer dans l'aventure, les élus souhaitent néanmoins s'assurer que l'idée est réellement pertinente. Aussi, le Parc confie à un cabinet d'études le soin de le vérifier et invite l'association Un plus bio à intégrer son groupe de travail. Contre toute attente, l'étude montre que la plateforme logistique n'est finalement pas une bonne solution. Au contraire, elle pourrait déstabiliser les liens existants entre les producteurs et les centres de vacances. Il est donc décidé de ne pas coordonner l'offre et la demande via une plateforme mais plutôt de définir des intentions d'actions consignées dans un nouveau programme d'action triennal.

Pourquoi ne pas créer de plateforme d'approvisionnement sur le territoire du Parc ?

 

1/ Parce que de nombreux liens privilégiés existent entre les producteurs et les acteurs de la restauration collective (notamment les centres de l'ACEV) et qu'ils seraient « cassés » si l'on devait rajouter une marge de 15 à 20% au milieu de ces transactions existantes (soit la marge permettant de faire vivre la plateforme).

2/ Parce que de nombreuses plateformes existent en Région Rhône-Alpes et à proximité du Vercors et qu'il semble plus judicieux de créer des liens avec elles (Manger Bio Isère – devenue « Alpes Bugey », Vectabio, biovallée à venir...) plutôt que de s'engager dans une opération coûteuse et complexe seuls de notre côté.

3/ Parce qu'il nous semble plus « durable » de développer nos filières lait et viandes et d' accompagner nos agriculteurs vers une diversification répondant aux attentes de la RHD plutôt que « d'importer » sur le Vercors tout ce que nous ne produirons jamais.

Jamais deux sans trois

 

Les chargés de mission du programme Alimentation Santé et Territoire et agriculture du Parc rédigent un nouveau programme, le font valider par les élus et réorganisent un nouveau groupe de travail. Les nouveautés ? Analyser plus finement les demandes de la restauration collective et les contraintes des producteurs pour développer par la suite des outils adaptés, lancer un grand chantier pédagogique pour modifier en profondeur les habitudes de production et de consommation. Et surtout, essaimer. Les bonnes pratiques expérimentées dans le cadre des centres de vacances peuvent désormais se décliner ailleurs, dans d'autres structures de vacances, dans les cantines scolaires... Alimentation, santé, territoire : pour tous !

 

Chronologie

1970 - Création de l'APAP, association pour la promotion des agriculteurs du Parc naturel régional du Vercors

2000 - Les centres de vacances commencent à prendre contact avec certains producteurs

2005 - Programme de formation sur l'alimentation et la santé. Les initiatives se multiplient sur le territoire.

2008 - Création du programme Alimentation Santé Territoire réservé à certaines structures pilotes.

2009 - Mise en place d'un comité de pilotage sur le sujet : Parc du Vercors (pilote du projet), CPIE (en charge de la sensibilisation du grand public et de la construction d'outils pédagogiques), APAP accompagnement des agriculteurs), ACEV (lien avec les centres de vacances).

2008/2011 - Formations, centre de ressources, séjours alimentation/santé : la thématique Alimentation Santé Territoire se décline sous de multiples formes.

2011/2013 - Restructuration du programme Alimentation Santé Territoire et définitions d'actions à mener sur trois ans.