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Le Gypaète barbu - Gypaetus barbatus

Le gypaète barbu est l'un des plus grands rapaces d'Europe, mais aussi l'un des plus menacés. Seuls les Pyrénées accueillent une population stable (environ 130 couples en 2009).

Dans les Alpes, le nombre de couples reproducteurs est encore très faible, rendant cette population très fragile. Cette espèce est inscrite dans la catégorie « en danger » sur la liste rouge de la faune protégée/menacée en France et bénéficie du statut d'espèce protégée (arrêté du 17/04/81) et menacée d'exctinction.

 

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Description physique

Les jeunes sont bruns-noirs avec un écusson blanc sur le haut du dos et ils peuvent être confondus avec l'aigle royal toutefois plus petit.

Les vibrisses, plumes particulières, sortes de « moustaches » qui descendent sous le bec.

La sclérotique, équivalent de notre cornée, dont le rouge vif s'intensifie avec l'excitation ou le stress.

Le ventre blanc, ensuite coloré d'ocre par des bains de boues ferrugineuses.

Le collier de plumes noires dont le dessin est propre à chaque individu.

La silhouette fine et élancée.

La queue en forme de losange.

 

Il n'existe pas de différences marquées entre mâles et femelles.

Son alimentation

Dans les zones de relief, les nécrophages remplissent un rôle sanitaire d'équarrissage naturel en éliminant les carcasses d'ongulés sauvages (bouquetins et chamois) et domestiques (bovins, ovins et caprins). Cette action de nettoyage peut également permettre d'éviter une propagation des maladies.

La gypaète barbu est un casseur d'os, il emporte son repas dans ses serres et le lâche sur un éboulis ou une dalle rocheuse pour qu'il se brise en morceaux. Le domaine vital d'un couple est d'une superficie variable entre 100 et 750km2.

Sa reproduction

Les gypaètes commencent par s'installer sur un territoire et cherchent un partenaire vers 4 ou 5 ans. Les premières tentatives de reproduction s'opèrent vers 7-8 ans et se font dans des cavités rocheuses. Le cycle de reproduction s'étend sur une longue période, allant de l'accouplement (à partir de novembre) jusqu'à l'envol du jeune, en juillet/août). L'oeuf est pondu en janvier ou février, il faudra en moyenne 4 mois pour que le jeune grandisse et soit apte au vol. En moyenne, un jeune s'envole tous les 3 ans.

Une espèce en danger

Les menaces qui pèsent sur cette espèce sont nombreuses: d'origine humaine ou naturelle. Lorsqu'ils sont encore au nid, les juvéniles sont soumis aux intempéries, au braconnage, ainsi qu'à la prédation (Grand Corbeau). La présence humaine peut constituer une menace supplémentaire, notamment le dérangement pendant la couvaison qui pourrait causer la perte de l'oeuf ou du poussin.

Les câbles aériens (réseau électrique et remontées mécaniques) ainsi que les empoisonnements sont également responsables de pertes non négligeables.

Sa réintroduction dans le Vercors

Pourquoi le réintroduire?

 

Le gypaète barbu est une espèce menacée de disparition, il est donc nécessaire de mener des réintroductions pour augmenter ses chances de survie.

Depuis 1986, ces programmes sont réalisés dans les Alpes sous le contrôle de la Vulture Conservation Foundation (VCF).

C'est cette fondation qui a sollicité le Parc du Vercors afin d'étudier la possibilité de réintroduire des gypaètes sur le Vercors ou aux alentours. Les dernières traces de cette espèce sur le Vercors remontent à 1878 à Pont-en-Royans. A l'époque, il était diabolisé à tord, sa réputation lui donnait le rôle de voleur d'agneaux et d'enfants!

Cette image fût certainement véhiculée par son habitude à prendre des bains dans des boues ferrugineuses: les gens pensaient qu'il se baignait dans le sang de ses victimes. C'est l'homme qui a conduit a son exctinction.

 

Pourquoi le Vercors?

 

Au niveau européen, cette réintroduction permettra de renforcer la population alpine encore très fragile. Le projet du Vercors suscite d'autres intérêts, ce qui devrait permettre la création d'un corridor entre les Alpes et les Pyrénées. A l'échelle du massif, ce projet s'inscrit dans la politique de restauration de la biodiversité que mène le Parc du Vercors depuis les années 80.

A noter que les oiseaux réintroduits sont nés en centre d'élevage du réseau de la Vulture Conservation Foundation (VCF).

Le Parc du Vercors possède des caractéristiques écologiques et un savoir-faire capital pour mener à bien ce programme en partenariat avec l'association ASTERS (conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie), VCF (Vulture Conservation Foundation) et la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). La commune de Treschenu-Creyers offre de son côté les garanties nécessaires quant à l'appropriation de cette espèce.

Il faut rappeler que la première campagne de lâcher du Bouquetin des Alpes s'est déroulée sur le territoire de la commune et les premiers Vautours fauves qui se sont reproduits sur le massif, se sont installés sur ces falaises situées à Archiane.

 

La méthode employée pour le lâcher

 

Une des particularités de cette espèce est que le Gypaète est « philopatrique », c'est à dire qu'il est très fidèle à son lieu de naissance ou de lâcher. C'est pour cela que la méthode de lâcher utilisée est dite du « taquet ». Elle consiste à installer et nourrir de jeunes oiseaux dans une cavité aménagée, un mois avant que leur instinct ne les pousse à s'envoler. Ils sont âgés de 3 mois lorsqu'ils sont déposés dans cette cavité et ils auront un mois pour s'imprégner de l'environnement dans lequel ils viendront certainement nicher une fois adultes.

 
Gypaètes 2013

Suivez leurs premiers moments dans la cavité :

Suivez les gypaètes

Cliquez sur les gypaètes pour voir leurs déplacements

 

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Gerlinde


 

Nisa (2011)


 

 

Angélo(2012)


 

 

Bellemotte (2012)

Rebelotte pour les Gypaètes

Carte d'identité
  • Nom commun: Gypaète barbu
  • Nom latin: Gypaetus barbatus
  • Son surnom: Le casseur d'os
  • Envergure: de 2m70 à 3m
  • Taille: de 1m10 à 1m50
  • Poids: entre 5 et 7 kg
  • Longévité: de 20 à 30 ans (record 48 ans en captivité)

Stéphan en vol

 

Un des trois jeunes Gypaètes réintroduits

 

Le site de lâcher au dessus de Treschenu-Creyers

Cordouane le 26 Février